La Charité.
 Jusqu'à la Révolution
              La Charité de Paris


Grâce à l'hôpital de la Charité construit rue des Saints-Pères dans la première moitié du XVIIe  siècle, Paris devient rapidement le centre névralgique de l'Ordre des Frères en France.
Cet hôpital de la Charité reçoit plus de 200 malades souffrant de fièvres putrides et malignes, et de maladies chirurgicales. Parmi les médecins qui y exercent leur art, certains connaissent un grand renom : Mareschal, premier chirurgien de Louis XVIII, Desault et surtout Frère Elisée Talachon qui deviendra le chirurgien de Louis XVIII.
Si les religieux y exercent des fonctions d'infirmiers, d'apothicaires, de chirurgiens, la Charité de Paris est aussi un lieu où la vie spirituelle est soutenue : les homélies dominicales et la beauté de la liturgie sont appréciées y compris par des membres de la Cour.
Saint Vincent de Paul vient visiter les malades et, «  les Filles de la Charité », nom qu'il donne à l’Ordre des Religieuses qu'il fonde pour le soulagement des malades, n'est pas sans rappeler celui des Frères de saint Jean de Dieu, connu dans la France de l'Ancien Régime sous le nom de Frères de la Charité. Molière aussi visite souvent les pauvres malades de la Charité. Il fait même partie de la Confrérie Notre Dame de la Charité, sorte de Tiers-Ordre des Frères de saint Jean de Dieu.
A la Charité, les novices sont formés aussi bien à la vie religieuse qu’à la médecine et à la chirurgie, disciplines pour lesquelles les cours durent trois ans.


Les 4O Couvents-Hôpitaux Français



Au XVIIe et au XVIIIe siècles, les Frères fondent une quarantaine d'établissements hospitaliers : 34 en France métropolitaine (couvrant à peu près l'ensemble du territoire) et neuf dans les possessions coloniales (au Canada et aux Antilles notamment). Les fondations se font au gré des demandes. Elles émanent du Roi, de l'Armée, des Evêques ou des aristocrates locaux. La Province religieuse ainsi constituée comporte trois types d'établissements :
◊ Des hôpitaux urbains assez importants (60 à 200 lits) comme à Paris et à Grenoble où sont annexées des écoles de chirurgie.
◊  Des hôpitaux destinés aux militaires, comme à Saintes ou à La Rochelle.
◊ Et enfin des petits hôpitaux, proches de dispensaires ruraux, d'une dizaine de lits.

Dans la France de l'Ancien Régime, les Frères de saint Jean de Dieu se distinguent également en annexant à certains de leurs Hôpitaux (Cadillac, Pontorson ou Château-Thierry etc.) des pensionnats où ils reçoivent et soignent les insensés. Ils fondent deux établissements particulièrement destinés au soulagement des aliénés : à Senlis et surtout à Charenton.
Ainsi, en 1790 par le docteur Regnault, mandaté par l'Assemblée nationale pour visiter cet hôpital, écrit : "le site de Charenton, les soins des Frères de la Charité, quelques changements dans le régime nous conduiront peut-être à une découverte qui serait la consolation d'une foule de familles, agrandiraient des domaines de la médecine et feraient la gloire de notre siècle".
 

 
Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu - Province de France - 19 rue Oudinot - 75007 Paris - Tél : 01.53.58.31.60 - Fax : 01.43.06.60.93
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