Apostolats dans d'autres domaines de la santé
L'œuvre du Père de Magallon et des Frères de Saint Jean de Dieu à l'époque ne se limite pas à l'essor de la médecine mentale (même si elle en constitue l'action principale).
En 1843, ils acquièrent l'Hôtel Plumet, qui devient progressivement une Clinique chirurgicale. Initialement spécialisée en urologie, elle accueille aujourd'hui toutes les spécialités chirurgicales.
A nouveau présents à Paris, les Frères de Saint Jean de Dieu renouent ainsi avec leur histoire.
En 1852, c'est au tour de Marseille, le Père de Magallon acquiert une bastide à Saint Barthélemy, grâce à l'aide de son ami, saint Eugène de Mazenod, alors évêque de la ville. Cette maison devient un asile pour pauvres vieillards. Au fil des années, elle est aujourd'hui une vaste Maison de retraite Médicalisée.
En 1858, les Frères prennent possession d'un enclos, rue de Vaugirard à Paris. Ils y fondent un hospice pour Jeunes Garçons infirmes (victimes de poliomyélite, de tuberculose osseuse notamment). Aujourd'hui le Centre Saint Jean de Dieu de la rue Lecourbe accueille des enfants poly-handicapés (souffrant pour beaucoup de myopathies).
Cette maison de la rue Lecourbe est également à l'origine du Centre saint Jean de Dieu du Croisic (en Loire Atlantique) en 1893. Initialement destiné aux enfants scrofuleux, ce centre reçoit aujourd'hui des jeunes adultes handicapés au sein d'un foyer de vie et d'une maison d'accueil spécialisée.
Au fil des décennies, les fondations vont se poursuivre y compris au-delà des frontières de l'hexagone : à Leuze (en Belgique) avec la fondation d'un hôpital psychiatrique, à Scorton (en Angleterre) mais aussi en Irlande et au Canada.
En 1897, sur l'initiative du Père Arbogast Ménétré, alors supérieur provincial, les Frères reprennent l'asile de nuit de la rue de Forbin à Marseille, fondé par un laïc, François Massabo quelques années plus tôt.
Renouant là encore avec une intuition profonde de saint Jean de Dieu, les Frères sont toujours présents dans ce vaste accueil aujourd'hui totalement rénové, et reçoivent quotidiennement 230 personnes sans domicile fixe.
Forts de cette expérience, les Frères ont également été présents dans une structure analogue à Nice pendant une trentaine d'année. Et aujourd'hui encore à Digne-les-bains dans le Foyer d'Accueil Saint Benoît Labre.
Dans l'entre deux guerres, une nouvelle série de fondations est lancée pour répondre à de nouveaux besoins.
C'est d'abord la création d'un centre pour jeunes handicapés à La Villetertre, dans l'Oise, puis une structure analogue à Nantes. Enfin en 1935, les Frères s'établissent à Sentheim, en Alsace, où ils créent une maison de convalescence.
Si les bouleversements de la psychiatrie dans les années 1970 ont amené les Frères à se retirer de leurs hôpitaux (à l'exception de Dinan), ils ont alors décidé de s'aventurer dans l'Océan indien.
Ils ont ainsi fondé un Centre d'aide par le travail à la Réunion qui aujourd'hui n'appartient pas à l'Ordre, une maison de retraite à l'île Maurice, où les Frères sont toujours présents, et un projet en cours à Madagascar.